Ce qu’est un agritourisme, et ce qu’il n’est pas
Le mot s’affiche sur d’innombrables portails de fermes en Toscane, mais il est juridiquement protégé. La loi-cadre italienne n° 96 de 2006 entend par activités agritouristiques l’accueil et la restauration d’hôtes par des exploitants agricoles qui utilisent à cette fin leur propre exploitation, en lien avec la culture des champs, la sylviculture ou l’élevage. Les détails relèvent des régions. En Toscane s’applique la loi régionale n° 30 du 23 juin 2003, modifiée à plusieurs reprises depuis et qui couvre aujourd’hui aussi les fermes pédagogiques ainsi que l’œnotourisme et l’oléotourisme.
L’essentiel n’a pas changé : l’hébergement des hôtes doit être lié à l’agriculture et la compléter, l’agriculture elle-même devant rester l’activité principale de l’exploitation. Selon la loi toscane, la dénomination « agriturismo » est réservée à de telles exploitations. Selon la loi nationale, on y sert surtout des produits de la ferme, complétés par ceux d’exploitations agricoles des environs.
Pour les hôtes, cela signifie qu’un agritourisme n’est pas un hôtel au décor de maison de campagne. Vous logez dans une ferme en activité, souvent dans des appartements avec cuisine, parfois dans des chambres avec petit-déjeuner. On y trouve du vin, de l’huile, des légumes ou du fromage de production propre, souvent une piscine, mais rarement une réception ouverte jour et nuit. Beaucoup de fermes se trouvent au bout de chemins de gravier, les strade bianche, et sont à peine accessibles sans voiture.
Ce qui fait un boutique-hôtel
Il n’existe pas de définition légale du boutique-hôtel. Le terme désigne de petites maisons gérées personnellement et dotées d’un caractère propre, en Toscane souvent installées dans un palazzo du centre ancien. Elles offrent ce qu’une ferme propose rarement : une réception tenue en permanence, le petit-déjeuner sur place, de l’aide pour les réservations, une consigne à bagages et un emplacement d’où l’on rejoint à pied musées, restaurants et bars.
Le Palazzo Ravizza à Sienne en est un exemple : un palais urbain qui accueille des hôtes depuis les années 1920, avec jardin, réception ouverte jour et nuit et l’un des rares parkings d’hôtel à l’intérieur des remparts. En contrepartie, en ville vous renoncez à l’espace et à la vue sur les vignes depuis la table du petit-déjeuner, et la voiture reste le plus souvent dans un parking en périphérie.

La troisième voie : séjourner dans un domaine viticole
Entre les deux formules se situent les domaines viticoles dotés de chambres d’hôtes ou de meublés de vacances. Bon nombre d’entre eux sont eux aussi, juridiquement, des agritourismes, mais misent sur la cave, la dégustation et souvent un restaurant propre. Le Castello di Volpaia, dans le Chianti Classico, par exemple, exploite ses hébergements sous le statut d’agriturismo, loue des chambres, un appartement et des villas dans un village fortifié, tient une osteria et propose des cours de cuisine. Pour les voyageurs dont le vin est au centre du séjour, c’est souvent la solution la plus commode, car personne n’a plus à prendre le volant après la dégustation. Pour en savoir plus, lisez l’article Domaine viticole avec hébergement.
Le choix selon le type de voyage
Six questions suffisent en général à trancher. L’outil de cette page pondère vos réponses et vous propose une formule d’hébergement.
- Voiture : sans voiture de location, seuls les hôtels en ville entrent quasiment en ligne de compte. En voiture, vous êtes libre à la campagne, mais vous devez rouler pour chaque dîner, sauf si la ferme cuisine elle-même.
- Durée du séjour : pour une ou deux nuits, un hôtel est plus simple. Pour les appartements à la campagne, regardez le séjour minimum ; en haute saison, les réservations à la semaine sont courantes.
- Soirées : à la ferme, vous êtes assis à la belle étoile, mais loin des bars et des restaurants. En ville, vous allez dîner à pied.
- Compagnons de voyage : les familles et les groupes d’amis apprécient les appartements avec cuisine et l’espace dehors. Les couples en séjour urbain sont plus à l’aise au centre.
- Service : une réception ouverte jour et nuit, de l’aide avec les bagages et des idées pour la soirée, ce sont surtout les hôtels qui les offrent.
- Saison : en plein été, le jardin, l’ombre et la piscine valent beaucoup à la campagne. En hiver, tout plaide plutôt pour la ville, car certaines fermes ferment et la nuit tombe tôt.
La meilleure solution est souvent une combinaison
Lors d’un circuit, vous n’avez pas à vous engager sur une seule formule. Un partage a fait ses preuves : deux ou trois nuits dans un petit hôtel en ville à Florence ou à Sienne, sans voiture, puis une base à la campagne pour le reste de la semaine, là où la voiture de location vous est vraiment utile. Vous profitez ainsi du service de la ville tant que vous visitez des musées, et du calme de la campagne quand vous découvrez paysages et vins. Si vous n’avez qu’une semaine, mieux vaut changer une fois de moins : quatre nuits dans une ferme du Chianti ou du Val d’Orcia, avec des excursions à la journée, sont plus reposantes que quatre hôtels en quatre nuits. Les temps de trajet entre les zones vont le plus souvent d’un peu moins d’une heure à un peu plus d’une heure, si bien que Sienne ou San Gimignano restent tout à fait faisables en excursion à la journée depuis la campagne.

À quoi veiller lors de la réservation
Pour les hébergements à la campagne, jetez un œil à la carte avant de réserver : quelle est la longueur du chemin de gravier, à quelle distance se trouvent le village le plus proche avec restaurant et l’épicerie ? Demandez si le petit-déjeuner ou le dîner est proposé, quels jours on cuisine et si la piscine est ouverte à la période de votre voyage. Certaines fermes ferment entièrement l’hiver.
Pour un hôtel en ville, la question capitale est celle de la ZTL, la zone à circulation limitée des centres historiques. Si la maison s’y trouve, elle doit signaler votre plaque d’immatriculation, et il vous faut une solution pour le stationnement. À Florence, la voiture est de toute façon superflue, comme le montre l’itinéraire La Toscane en sept jours. Vérifiez aussi ce qui est compris dans le prix : à la campagne, le ménage de fin de séjour ou le chauffage s’ajoutent parfois, et dans de nombreuses villes, les communes perçoivent une taxe de séjour, l’imposta di soggiorno.
Deux exemples en Toscane
L’Agriturismo Cretaiole, près de Pienza, illustre le versant rural : une famille loue huit appartements dans une ancienne ferme, cultive potager, vignoble et oliveraie en bio et invite une fois par semaine à une soirée pici partagée autour d’une longue tablée. D’après le site web, un programme d’activités communes fait partie intégrante de la réservation ; qui cherche l’isolement doit le savoir.
Le Palazzo Ravizza à Sienne incarne le versant urbain : un palazzo historique, selon l’hôtel à environ 400 mètres de la cathédrale et à 500 mètres de la Piazza del Campo, avec salons, salle de lecture, jardin et petit-déjeuner sur place. Les deux maisons conviennent à des voyages très différents, et c’est précisément l’enjeu du choix : non pas meilleur ou moins bon, mais la question de savoir comment vous souhaitez passer vos journées. Vous trouverez d’autres hébergements dans la rubrique Hôtels et via le Finder d’hébergement.






